Parler d’argent, apprendre à gérer un budget, préparer sa retraite ou choisir un placement : les Français veulent mieux comprendre les décisions qui engagent leur avenir financier. L’Observatoire Corum l’Épargne 2026 met cependant en évidence une forte recherche de sécurité. Si les plus jeunes se montrent davantage ouverts aux sources numériques et à l’intelligence artificielle, le conseil humain conserve une place centrale.
Cet article présente les résultats du Sondage OpinionWay pour Corum. Il ne constitue pas un conseil financier, patrimonial ou une recommandation d’investissement. Tout placement comporte des caractéristiques et des risques qui doivent être évalués en fonction de la situation et des objectifs de chaque épargnant.
Les principaux enseignements
- 81 % des Français décrivent l’argent comme un sujet ouvert ou contrôlé au sein de leur famille.
- 82 % souhaitent que l’école joue un rôle dans l’éducation financière.
- 65 % jugent satisfaisants les conseils financiers venant de leur banque et autant ceux reçus de leur famille.
- 55 % considèrent qu’il faut commencer à épargner pour sa retraite dès le début de sa carrière.
- 88 % chercheraient à limiter les risques s’ils devaient investir.
- 67 % ne font pas confiance aux conseils financiers de l’intelligence artificielle ou ne l’utilisent pas pour cet usage.
Le rapport des Français à l’argent entre dans une nouvelle phase
L’argent n’est pas totalement sorti de la sphère privée, mais il apparaît moins tabou qu’auparavant dans les relations familiales. Selon l’Observatoire Corum l’Épargne 2026, 81 % des Français décrivent les échanges financiers au sein de leur famille comme ouverts ou contrôlés.
Dans le détail, 43 % considèrent que parler d’argent est ouvert et assumé dans leur famille : ils connaissent ou connaissaient la situation financière de leurs proches. Pour 38 %, le sujet est davantage contrôlé, avec une connaissance générale de la situation familiale sans transparence complète.
À l’inverse, 11 % décrivent encore l’argent comme un sujet tabou, gênant ou malpoli. Pour 8 %, il est totalement absent des conversations familiales. Au total, l’étude distingue ainsi 81 % de Français ouverts à la discussion et 19 % fermés à ces échanges.
Argent et famille : les chiffres à retenir
- 43 % : un sujet ouvert et assumé ;
- 38 % : un sujet abordé de façon contrôlée ;
- 11 % : un sujet encore tabou ;
- 8 % : un sujet totalement absent.
Avec qui les Français parlent-ils d’argent ?
Les échanges financiers ne se limitent pas au foyer. 94 % des personnes interrogées déclarent parler d’argent, au moins occasionnellement, avec une personne de leur entourage. Seuls 6 % affirment ne jamais aborder ce sujet.
Le conjoint est le premier interlocuteur cité, à 58 %. Viennent ensuite les autres membres de la famille à 39 %, les parents à 38 % et les amis à 37 %. Les conversations sont moins fréquentes avec les collègues de travail, cités par 17 %, et avec les enfants, mentionnés par 15 %.
L’âge modifie sensiblement ces habitudes. Parmi les moins de 35 ans, 63 % parlent d’argent avec leurs parents, contre 21 % des personnes âgées de 50 ans et plus. Les moins de 35 ans sont également 45 % à échanger avec leurs amis sur ces questions, contre 34 % des 50 ans et plus.
Ces écarts montrent que les jeunes générations élargissent davantage la conversation financière au-delà du couple. Les plus âgés se tournent quant à eux plus souvent vers leur conjoint ou d’autres personnes de leur famille.
Les Français veulent reprendre le contrôle de leurs finances
Parler plus librement d’argent ne signifie pas nécessairement maîtriser les mécanismes de l’épargne et de l’investissement. L’étude fait ressortir une forte attente de pédagogie : 82 % des Français pensent que l’école devrait jouer un rôle dans l’éducation financière.
La première compétence attendue est la gestion d’un budget, citée par 65 % des répondants. La protection contre les arnaques financières arrive en deuxième position, à 46 %. Enfin, 29 % souhaitent que l’école apprenne aux élèves à comprendre l’investissement.
Seuls 18 % estiment que l’éducation financière ne relève pas du rôle de l’école. Cette opinion minoritaire confirme que la gestion de l’argent est aujourd’hui considérée comme une compétence utile dans la vie quotidienne.
| Attente | Part des répondants |
|---|---|
| Apprendre à gérer un budget | 65 % |
| Savoir se protéger contre les arnaques financières | 46 % |
| Comprendre comment investir | 29 % |
| Considérer que ce n’est pas le rôle de l’école | 18 % |
Une attente particulièrement forte chez les jeunes
Le rôle éducatif de l’école recueille une adhésion encore plus importante parmi les jeunes adultes. 95 % des 18-24 ans souhaitent une intervention de l’école en matière de finances personnelles, contre 82 % dans l’ensemble de la population.
Chez les 18-24 ans, 74 % souhaitent apprendre à gérer un budget, 60 % à se protéger contre les arnaques et 46 % à comprendre comment investir. Ces résultats suggèrent que les plus jeunes associent l’éducation financière à des besoins immédiatement concrets.
La banque et la famille restent les sources les mieux évaluées
Lorsqu’ils jugent la qualité des conseils reçus, les Français placent la banque et la famille au même niveau : 65 % estiment satisfaisants les conseils provenant de chacune de ces deux sources.
Internet arrive ensuite avec 48 % d’opinions satisfaites. Les médias obtiennent 34 %, les livres spécialisés 31 %, l’école 30 % et l’employeur 29 %. Les outils d’intelligence artificielle recueillent 28 % de satisfaction, tandis que les réseaux sociaux ferment la marche avec 22 %.
Des usages très différents selon l’âge
La banque est jugée satisfaisante par 76 % des 65 ans et plus, contre 52 % des 18-24 ans. À l’inverse, Internet obtient 72 % de satisfaction chez les 18-24 ans, contre 31 % chez les 65 ans et plus. Les outils d’intelligence artificielle sont jugés satisfaisants par 58 % des 18-24 ans, mais seulement par 12 % des 65 ans et plus.
Préparer l’avenir devient une priorité
L’anticipation est au cœur des conseils que les Français souhaitent transmettre aux autres générations. Dans les réponses spontanées recueillies par OpinionWay, 47 % recommandent d’épargner ou de mettre de l’argent de côté.
La gestion rationnelle du budget est mentionnée par 9 %, tandis que 7 % conseillent d’investir ou de placer son argent. Plus largement, 33 % des réponses portent sur l’anticipation de l’avenir. Parmi elles, 20 % recommandent de commencer à épargner ou à investir le plus tôt possible.
La prudence reste également présente : 8 % recommandent explicitement de limiter les risques. Enfin, 7 % conseillent de s’informer, de se former ou de se renseigner avant de commencer.
55 % conseillent d’épargner dès le début de sa carrière
Lorsqu’ils sont interrogés sur le moment où il devient nécessaire d’épargner ou d’investir pour financer sa retraite, 55 % des Français répondent : dès le début de la carrière professionnelle.
Pour 18 %, le bon moment se situe au milieu de la carrière. 14 % estiment qu’il faut commencer dès les études. Les réponses « en fin de carrière » et « une fois à la retraite » ne recueillent chacune que 2 %.
Enfin, 9 % considèrent qu’il n’est jamais nécessaire d’épargner individuellement pour sa retraite, estimant que le système actuel permet de garantir un bon niveau de vie.
| Moment cité | Part des répondants |
|---|---|
| Dès le début de la carrière professionnelle | 55 % |
| Au milieu de la carrière professionnelle | 18 % |
| Lorsque l’on est étudiant | 14 % |
| En fin de carrière professionnelle | 2 % |
| Une fois à la retraite | 2 % |
| Jamais | 9 % |
Des perceptions différentes selon les générations
Les réponses varient fortement avec l’âge. Parmi les 18-24 ans, 41 % estiment qu’il faut commencer à épargner pour la retraite pendant ses études. Cette proportion tombe à 4 % chez les 65 ans et plus.
À l’inverse, 66 % des personnes âgées de 50 ans et plus recommandent de commencer dès le début de la carrière professionnelle. Cette réponse n’est citée que par 28 % des 18-24 ans.
Ces résultats ne signifient pas que les jeunes souhaitent moins anticiper. Ils montrent plutôt qu’ils situent le début de l’effort d’épargne à une étape encore plus précoce de la vie.
Un rapport nuancé aux décisions passées
Les Français ne sont pas unanimes lorsqu’ils évaluent leur propre parcours. 42 % regrettent de ne pas avoir davantage épargné ou investi lorsqu’ils étaient plus jeunes, dont 14 % qui le regrettent beaucoup et 28 % un peu.
À l’inverse, 40 % ne ressentent pas ce regret. Enfin, 18 % déclarent qu’ils ne pouvaient pas épargner ou investir davantage que ce qu’ils ont fait. Ce dernier résultat rappelle que la capacité d’épargne dépend aussi des ressources disponibles.
Les Français investissent avec prudence
L’Observatoire met en évidence un arbitrage particulièrement net entre sécurité et recherche de rendement. Si les Français devaient investir leur argent, 88 % chercheraient avant tout à limiter les risques pour éviter les pertes. Seuls 12 % accepteraient de prendre davantage de risques afin de maximiser leurs gains.
Cette prudence progresse avec l’âge. Elle concerne 80 % des 18-24 ans, 83 % des 25-34 ans, puis 95 % des 65 ans et plus. Les moins de 35 ans sont donc plus ouverts au risque que leurs aînés, sans que cette attitude devienne majoritaire.
Le revenu et la catégorie socioprofessionnelle font également varier les réponses. 81 % des CSP+ chercheraient à limiter les risques, contre 90 % des CSP- et 92 % des inactifs.
Risque ou rendement ?
- 88 % privilégient la limitation des risques ;
- 12 % privilégient la recherche de gains plus élevés ;
- la prise de risque atteint 20 % chez les 18-24 ans ;
- elle tombe à 5 % chez les 65 ans et plus.
Le conseil humain demeure prioritaire avant d’investir
Lorsqu’ils envisagent un investissement important, les Français se tournent d’abord vers leur banquier. Celui-ci est cité par 81 % des répondants. La famille arrive en deuxième position avec 60 %, devant le conseiller en patrimoine à 51 % et l’assureur à 41 %.
Les sources numériques restent en retrait. Les comparateurs et plateformes spécialisés sont cités par 22 %, les médias spécialisés par 19 % et un outil d’intelligence artificielle par 16 %. Les influenceurs spécialisés dans la finance ne sont mentionnés que par 7 %.
Seul 1 % des répondants indique qu’il déciderait sans consulter personne. Ce résultat souligne le besoin de réassurance et d’accompagnement lorsqu’une décision engage une somme importante.
L’intelligence artificielle ne remplace pas encore la confiance
Les Français se montrent encore réservés à l’égard de l’intelligence artificielle dans le domaine financier. 67 % déclarent ne pas faire confiance à ses conseils financiers ou ne pas utiliser l’IA pour cet usage.
À l’inverse, 33 % accordent davantage de confiance aux conseils de l’IA qu’à ceux d’au moins un autre acteur proposé dans l’enquête. Parmi eux, 15 % déclarent faire davantage confiance à l’IA qu’à leur banquier, 10 % qu’à leurs amis, 9 % qu’à leurs parents et autant qu’à leur conseiller en gestion de patrimoine.
Cette formulation doit être interprétée avec précision : l’étude ne montre pas que 33 % des Français font globalement confiance à l’IA pour gérer leur argent. Elle indique qu’ils lui accordent davantage de confiance qu’à au moins l’un des interlocuteurs cités.
Une fracture générationnelle marquée
La confiance relative accordée à l’IA est beaucoup plus élevée chez les jeunes. 66 % des 18-24 ans lui font davantage confiance qu’à au moins un autre acteur, contre 39 % des 25-34 ans et 21 % des personnes de 50 ans et plus.
Par conséquent, seuls 34 % des 18-24 ans déclarent ne pas faire confiance aux conseils financiers de l’IA ou ne pas l’utiliser, contre 81 % des 50-64 ans et 77 % des 65 ans et plus.
D’autres écarts apparaissent. La part des personnes accordant davantage de confiance à l’IA qu’à au moins un acteur atteint 45 % en Île-de-France, contre 30 % en province. Elle s’élève à 44 % chez les CSP+, contre 32 % chez les CSP- et 25 % chez les inactifs.
Ce que mesure réellement l’étude
Le résultat de 67 % rassemble deux situations : les personnes qui ne font pas confiance aux conseils financiers de l’intelligence artificielle et celles qui ne l’utilisent pas pour obtenir de tels conseils. Il ne permet donc pas de distinguer précisément la défiance de la simple absence d’usage.
Les cinq enseignements majeurs de l’étude
- L’argent est moins tabou : 81 % des Français le décrivent comme un sujet ouvert ou contrôlé dans leur famille.
- La demande d’éducation financière est massive : 82 % souhaitent que l’école joue un rôle, principalement pour apprendre à gérer un budget.
- L’anticipation est valorisée : 55 % recommandent de commencer à préparer financièrement sa retraite dès le début de la carrière.
- La sécurité domine les choix : 88 % chercheraient à limiter les risques en cas d’investissement.
- Le conseil humain résiste : le banquier, la famille et le conseiller en patrimoine restent davantage sollicités que les outils numériques.
Pris ensemble, ces résultats dessinent le portrait d’une population qui souhaite gagner en autonomie sans renoncer à l’accompagnement. Les Français parlent davantage de leurs finances, réclament des connaissances pratiques et valorisent l’anticipation, mais ils restent prudents lorsqu’il s’agit d’engager leur épargne.
Les différences générationnelles occupent également une place importante. Les jeunes sont plus nombreux à consulter Internet, à juger positivement les outils d’intelligence artificielle et à accepter une part de risque. Les personnes plus âgées privilégient davantage la banque, le conseil humain et la protection du capital.
Comment l’étude a-t-elle été réalisée ?
Le Sondage OpinionWay pour Corum a été mené auprès d’un échantillon de 1 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, en tenant compte du sexe, de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle, de la catégorie d’agglomération et de la région de résidence.
Les personnes interrogées ont répondu à un questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI. Les interviews ont été réalisées du 2 au 8 avril 2026.
OpinionWay indique avoir appliqué les procédures et les règles de la norme ISO 20252. Pour un échantillon d’environ 1 000 répondants, les résultats doivent être lus en tenant compte d’une marge d’incertitude comprise entre 1,4 et 3,1 points.
Fiche d’identité de l’enquête
- Intitulé obligatoire : Sondage OpinionWay pour Corum ;
- Échantillon : 1 004 Français âgés de 18 ans et plus ;
- Recueil : questionnaire auto-administré en ligne ;
- Dates : du 2 au 8 avril 2026 ;
- Représentativité : méthode des quotas ;
- Norme : ISO 20252 ;
- Marge d’incertitude : de 1,4 à 3,1 points.
Pourquoi cet observatoire est-il utile ?
L’Observatoire Corum l’Épargne 2026 ne décrit pas les montants effectivement épargnés ni les performances des placements détenus par les ménages. Il mesure des perceptions, des préférences et des comportements déclarés.
Son intérêt réside dans la mise en évidence de tendances complémentaires : une parole plus ouverte sur l’argent, une attente forte d’éducation financière, une volonté d’anticiper les besoins futurs et une préférence persistante pour la sécurité.
L’étude révèle enfin que la transformation numérique du conseil financier reste inégale. Les jeunes générations sont plus réceptives à Internet et à l’intelligence artificielle, tandis que l’ensemble de la population continue de privilégier les interlocuteurs humains pour les décisions engageant son patrimoine.
Quel est le principal chiffre de l’Observatoire Corum l’Épargne 2026 ?
Plusieurs résultats sont structurants. 81 % des Français parlent de l’argent de manière ouverte ou contrôlée dans leur famille, 82 % souhaitent un rôle de l’école dans l’éducation financière et 88 % privilégieraient la limitation des risques en cas d’investissement.
Les Français souhaitent-ils apprendre la finance à l’école ?
Oui. 82 % souhaitent que l’école participe à l’éducation financière. La gestion du budget est la première attente, citée par 65 % des répondants.
Quand faut-il commencer à épargner pour sa retraite selon les Français ?
Pour 55 % des personnes interrogées, il est nécessaire de commencer dès le début de la carrière professionnelle. 14 % recommandent même de débuter pendant les études.
Les Français sont-ils prêts à prendre des risques pour investir ?
La majorité privilégie la prudence : 88 % chercheraient à limiter les risques pour éviter les pertes, contre 12 % qui accepteraient davantage de risques pour maximiser leurs gains.
Les Français font-ils confiance à l’intelligence artificielle pour leurs finances ?
67 % déclarent ne pas faire confiance aux conseils financiers de l’IA ou ne pas utiliser ces outils à cette fin. La réceptivité est néanmoins plus forte chez les 18-24 ans que parmi les générations plus âgées.