main qui tient un stylo au dessus d'une calculette

Le découvert bancaire reste une situation que la grande majorité des Français cherchent à éviter. Selon le sondage OpinionWay pour Creacard publié le 30 juin 2026, 61 % des personnes interrogées refusent catégoriquement d’avoir un compte dans le rouge. Dans le même temps, 14 % déclarent avoir rencontré des difficultés pour maîtriser leurs finances au cours des douze derniers mois.

L’étude, intitulée « Le stress du découvert », montre que les difficultés de gestion budgétaire touchent davantage les jeunes adultes et les foyers disposant des revenus les plus faibles. Elle mesure également la perception des cartes et comptes prépayés, présentés comme des outils permettant de limiter les dépenses au montant disponible.

Les chiffres clés de l’étude sur le découvert bancaire

  • 14 % des Français disent s’être parfois laissé déborder par leurs finances ou avoir régulièrement perdu le contrôle de leur budget.
  • 61 % refusent catégoriquement le découvert bancaire.
  • 88 % rejettent ou cherchent à éviter le découvert, même si certains y sont occasionnellement confrontés.
  • 12 % ont déjà utilisé une carte ou un compte prépayé pour mieux gérer leur budget.
  • 18 % pourraient envisager d’utiliser ce type de solution.
  • 20 % seraient intéressés par une carte ou un compte prépayé empêchant de dépenser davantage que la somme disponible.
  • L’intérêt pour cette solution atteint 36 % chez les moins de 35 ans et 42 % chez les 18-24 ans.

Une majorité de Français estime garder le contrôle de ses finances

Interrogés sur l’évolution de leur situation financière au cours des douze derniers mois, 86 % des répondants considèrent avoir conservé la maîtrise de leur budget.

Dans le détail, 57 % déclarent avoir parfaitement contrôlé leurs finances et avoir toujours su où ils en étaient. Une proportion supplémentaire de 29 % reconnaît quelques dérapages, tout en estimant que la situation est restée gérable.

À l’inverse, 11 % indiquent s’être parfois laissé déborder ou avoir perdu le fil dans la gestion de leurs finances. Pour 3 %, la situation a été vécue comme un véritable chaos, leur budget leur ayant régulièrement, voire constamment, échappé. L’étude regroupe ces deux réponses sous la catégorie de la « maîtrise difficile », qui concerne ainsi 14 % de la population interrogée.

Les jeunes et les faibles revenus sont plus exposés

Les difficultés de gestion ne se répartissent pas uniformément dans la population. Elles concernent 17 % des moins de 35 ans, contre 13 % des personnes âgées de 50 ans ou plus. Parmi les 25-34 ans, cette proportion atteint 20 %.

Le niveau de revenus apparaît également déterminant. La part des personnes déclarant une maîtrise difficile de leur budget s’élève à 26 % dans les foyers disposant de moins de 1 000 euros par mois et à 21 % chez ceux percevant moins de 2 000 euros. Elle tombe à 10 % parmi les foyers gagnant au moins 3 500 euros par mois.

Les écarts sont aussi visibles selon la situation professionnelle. La maîtrise difficile touche 20 % des catégories socioprofessionnelles les moins favorisées, contre 13 % des catégories socioprofessionnelles supérieures et 10 % des retraités.

Le découvert bancaire est rejeté par près de neuf Français sur dix

Face au découvert, 61 % des répondants adoptent une position sans ambiguïté : ils refusent catégoriquement d’être dans le rouge. À cette majorité s’ajoutent 27 % qui font tout pour éviter le découvert, même s’il leur arrive parfois d’y être confrontés.

Au total, 88 % des Français interrogés se situent donc dans une logique de rejet ou d’évitement du découvert bancaire.

À l’opposé, 8 % expliquent ne pas avoir réellement eu le choix et s’être résignés à être régulièrement à découvert. Pour 4 %, le découvert fait partie de la vie quotidienne, mais il est désormais géré sans affecter véritablement la personne. L’acceptation ou la résignation au découvert concerne ainsi 12 % des répondants.

Un rejet particulièrement fort chez les seniors

L’âge accentue fortement le refus du découvert. Parmi les personnes âgées de 65 ans et plus, 75 % le rejettent catégoriquement, contre 55 % chez les moins de 35 ans. Au total, 94 % des 65 ans et plus déclarent rejeter ou chercher à éviter cette situation.

La résignation est davantage présente chez les ménages aux revenus modestes. Elle concerne 20 % des personnes vivant avec moins de 1 000 euros par mois et la même proportion parmi celles disposant de moins de 2 000 euros. Elle ne représente que 5 % des foyers percevant au moins 3 500 euros par mois.

Cartes et comptes prépayés : un intérêt plus marqué chez les jeunes

L’étude s’intéresse aux cartes et comptes prépayés comme instruments de gestion budgétaire. Ces solutions permettent en principe de limiter les dépenses au montant préalablement versé sur le compte ou la carte.

Parmi les personnes interrogées, 12 % déclarent utiliser ou avoir déjà utilisé ce type de solution pour mieux gérer leur budget. Une autre proportion de 18 % affirme qu’elle pourrait y recourir. Au total, 30 % des Français ont donc déjà utilisé ou pourraient utiliser une carte ou un compte prépayé.

Les moins de 35 ans se montrent nettement plus réceptifs : 20 % ont déjà utilisé ces solutions et 23 % pourraient les adopter, soit un total de 43 %. Chez les 18-24 ans, 21 % en ont déjà fait usage et 32 % pourraient envisager de le faire.

À l’inverse, 70 % de l’ensemble des répondants ne voient pas véritablement l’intérêt des cartes ou comptes prépayés pour gérer leur budget. Cette opinion est exprimée par 83 % des personnes âgées de 65 ans et plus.

Un Français sur cinq intéressé par une solution limitant les dépenses

Lorsqu’une carte ou un compte prépayé est présenté comme un moyen de ne pas dépenser plus que la somme qui lui est allouée, 20 % des Français se disent intéressés. Cette proportion comprend 6 % de personnes très intéressées et 14 % plutôt intéressées.

En revanche, 71 % ne sont pas intéressés : 26 % le sont « pas vraiment » et 45 % « pas du tout ». Les 9 % restants ne se prononcent pas.

L’écart générationnel est important. L’intérêt atteint 42 % chez les 18-24 ans, 32 % chez les 25-34 ans et 36 % pour l’ensemble des moins de 35 ans. Il recule à 12 % chez les personnes âgées de 50 ans ou plus et à 9 % parmi les 65 ans et plus.

Les hommes se montrent également plus intéressés que les femmes, avec respectivement 25 % et 15 % de réponses favorables. L’étude ne permet toutefois pas d’expliquer les raisons de cet écart.

Que révèle cette enquête sur le rapport des Français au découvert ?

Les résultats font apparaître une tension entre le rejet très majoritaire du découvert et les difficultés concrètes rencontrées par une partie de la population. Même si 86 % des Français estiment conserver une maîtrise globale de leurs finances, les ménages aux revenus les plus faibles sont nettement plus nombreux à déclarer perdre le contrôle de leur budget ou à se résigner au découvert.

Les cartes et comptes prépayés ne convainquent pas encore la majorité de la population. Ils suscitent néanmoins davantage d’intérêt chez les jeunes adultes, qui sont également plus exposés aux difficultés budgétaires. L’enquête établit cette coexistence, mais ne démontre pas qu’un compte prépayé réduirait effectivement les découverts ou améliorerait durablement la gestion financière.

Quelle méthodologie a été utilisée ?

Le sondage OpinionWay pour Creacard a été réalisé auprès d’un échantillon de 1 024 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, à partir du sexe, de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle, de la catégorie d’agglomération et de la région de résidence.

Les répondants ont été interrogés du 5 au 8 juin 2026 au moyen d’un questionnaire auto-administré en ligne, selon le système CAWI, pour « Computer Assisted Web Interview ». Les panélistes ont reçu des incentives ou ont pu effectuer un don à l’association proposée de leur choix.

OpinionWay indique avoir appliqué les procédures et les règles de la norme ISO 20252. Pour un échantillon d’environ 1 000 répondants, les résultats doivent être interprétés avec une marge d’incertitude comprise entre 1,4 et 3,1 points. Pour des sous-échantillons de 350 personnes, cette marge peut varier de 2,3 à 5,3 points.

Quelles sont les limites de l’étude ?

Cette enquête repose sur les déclarations des répondants. Elle mesure donc leur perception de la gestion de leurs finances, leur attitude face au découvert et leur intérêt déclaré pour les solutions prépayées. Elle ne s’appuie pas sur l’analyse de leurs comptes bancaires ou de leurs dépenses réelles.

Le questionnaire a été administré en ligne, ce qui suppose que les participants disposent d’un accès à Internet et soient inscrits à un panel. La méthode des quotas vise à rendre l’échantillon représentatif, mais elle n’élimine pas tous les biais de sélection ou de réponse.

Les résultats décrivent une situation à un moment donné. Ils ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre le niveau de revenus, l’âge, le recours au découvert et l’intérêt pour les cartes prépayées. Les résultats portant sur des sous-populations doivent par ailleurs être interprétés avec prudence en raison de leurs effectifs plus réduits.

Qui a réalisé et publié l’étude ?

L’enquête a été réalisée par OpinionWay pour Creacard et publiée sous la forme d’un rapport d’étude daté du 30 juin 2026. Le document précise que toute reprise totale ou partielle doit utiliser la mention complète : « Sondage OpinionWay pour Creacard ».

Fondé en 2000, OpinionWay se présente comme un institut spécialisé dans les études marketing et d’opinion. Le rapport mentionne Benoit Parraud, directeur du Pôle Marketing des Services et membre du Comité RSE, comme contact OpinionWay. Il ne fournit pas de liste distincte d’auteurs individuels ayant rédigé ou analysé l’enquête.

À retenir

Le découvert bancaire demeure largement rejeté par les Français, mais il reste une réalité plus fréquente pour les jeunes et les ménages modestes. Les cartes et comptes prépayés apparaissent comme une solution minoritaire à l’échelle de la population, tout en suscitant un intérêt plus net chez les moins de 35 ans. L’étude met ainsi en évidence des rapports très différents à la gestion budgétaire selon l’âge et le niveau de revenus.